Le juste mot

Publié le par Charra

Le juste mot!
et j'ai pensé: comme la juste ligne.
L'un comme l'autre, je les ai d'abord éprouvés comme un souci,
égaré que j'étais dans les mots du mnde, dans les mouvements sensibles de la vie.
Si le peintre est homme à la bouche embarrassée, il n'en demeure pas moins qu'il aspire aussi à la parole.

Et pour l'étonnement, avant même un savoir, avant même de m'écrier, lassé ou épuisé: "Tous les mots sont de trop!" j'avais été armé et j'utilisais la mine de plomb et le pinceau comme dans les temps ancien le scribe utilisait son roseau.

Le juste mot me paraît parfois semblable à une absence et s'il n'est introuvable peut-être est-il indicible. Est-ce à cause de cela que nous tournons autour de lui comme la ligne tourne autour du point de son commencement avant qu'elle ne trouve son point de fin.

Le juste mot, faut-il pour le trouver nous délivrer des autres mots comme pour trouver la juste ligne il nous faut l'apprentissage, la trace et la délivrance de beaucoup d'autres lignes.

Le juste mot s'éprouve-t-il et se mesure-t-il à l'instant de son écriture comme la juste ligne s'éprouve et se mesure à l'instant de sa trace. Est-il comme elle qui ne peut ni se défaire ni se décomposer: elle est là et occupe sa place de toute sa présence.

Le juste mot touche toujours au centre de la cible, que celle-ci soit la tête, le coeur, les entrailles ou même les nerfs. Il se manifeste adhésion: celui qui est atteint est comme un saint Sébastien et parfois s'interroge: "Mais qui donc est l'archer?".

Le juste mot
la juste ligne
mais que je n'oublie pas, pour la fin, la juste couleur qui, jusque dans sa transparence, cherche la juste lumière.

A.Charra


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