Visages en filigrane

Publié le par Charra

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Hanté par le souci de l'autre de l'espace et du temps je n'aurai jamais connu que cette distance qui me sépare de toi.
Qui es-tu visage que je porte et que je n'ai jamais vu?
Qui es-tu toi que je désire connaître pour mieux me reconnaitre?
Où es-tu? Quels paysages nous faut-il traverser avant que de nous trouver et de nous chercher encore?
Nous cherchons sans savoir d'avance et trouvons parfois ce que nous ne pouvions soupçonner et nous disons "je vois" même si cela demeure de manière obscure.

Visage en filigrane. Trois mots qui m'incitent plus au silence qu'au discours.
Visage au-dessus de mes pensées dans la transparence de l'oeuvre corps posé comme une énigme.
Visage comme une présence. Unique et multiple à la fois ; que l'on ne peut ni posséder ni contenir.
"Soi-même comme un autre."
Visage comme un reflet de notre part la plus sensible, d'un moi intime qui se dévoilerait en un silencieux langage.
Visage exigeant de lenteur, de patience pour la sympathie.
Visage d'humanité pour dire l'oeuvre habitée.
Visage comme une porte et nous entrons émerveillés ou chavirés parfois entraînés dans un tourbillon vertigineux, notre propre visage comme défiguré.

Visage en filigrane. Réverbérations quand les oeuvres s'appellent et se répondent. Nouvel éclairage, nouvelle compréhension.
Visage comme une architecture conjonction de talents en mouvement.

Visage en filigrane. Visage/regard comme un témoin impartial de l'oeuvre pour sa réalité et sa vérité ; comme un témoin d'une raison d'être.

La Traductière n°17 - 1999



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